Il y a un an, je rentrais en France après une expatriation de 18 mois aux Etats-Unis. Comme vous avez pu le lire dans mon article 5 bonnes raisons de partir vivre à l’étranger, c’est une expérience que je recommande vivement. J’y ai grandi, appris et mon cœur est rempli de souvenirs plus mémorables les uns que les autres.

Depuis que je suis rentrée, je n’ai pu m’empêcher de noter ces différences, ces sensations étranges et ces réflexions pseudo-spirituelles sur mon retour au pays.

Aujourd’hui, je les pose par écrit. Voici le bilan sur mon retour en France, 1 an après.

Bye bye USA !

Quand je suis rentrée des Etats-Unis (de Manhattan précisément), je suis tombée en pleine période des fêtes de fin d’année. Je retrouvais ma famille, mon chéri, la vie d’une petite ville de banlieue en maison avec jardin.

J’étais bien occupée. Revoir les amis, ceux qui n’avaient pas pu faire le déplacement pendant cette expatriation. Préparer Noël. Il a fallu rattraper toutes ces bonnes choses qui m’avaient manqué : fromages, saucissons, mets des fêtes. Les vieilles pierres, les petites églises. Les paysages horizontaux.

Bref, je n’ai pas vu ce premier mois passer.

Puis en janvier ils sont tous repartis travailler et j’ai compris que moi, je ne retournais pas là-bas, je ne retournais pas chez moi.

J’étais de retour en France.

Retour en France la campagne française

Les longs mois d’acclimatation

Et oui, le chez moi c’était là-bas. Même si ici j’ai mes amis d’enfance, ma famille, mes objets-souvenirs, la réadaptation ne fût pas aisée.

On peut essayer de faire comme-ci : appliquer son ancien mode de vie sur sa réalité. Après tout la France ne manque pas de jolies choses à voir et à faire. Mais cet esprit de découverte se heurte vite à certaines différences : tu n’es plus au milieu de New York City, la ville qui ne dort jamais, mais dépendante du réseau transilien et de ses minimum 1h15 pour prendre un verre. Tu réfléchis à deux fois à ce temps de trajet, surtout que passé une certaine heure il n’y a plus de train.

Tu dois te réadapter au marché français. Dans un sens on te demande d’oublier ce que tu as appris. Le système est hiérarchique, lent et peu ouvert au changement et idées nouvelles. Tu revois tes prétentions salariales à la baisse. J’ai dis à la baisse. Et tu fais croire que oui tu es super contente d’être de retour en France aux recruteurs, parce que la France… Et surtout parce que tu fais peur, en 18 mois tu en as tellement vu et fait qu’on se demande si tout ce que tu racontes est vrai. Ah oui, et delà à ce qu’on comprenne que tu avais un véritable emploi…

Ta famille et tes amis ne te comprennent pas. Tu as changé, eux aussi. Tu veux les voir pour rattraper le temps perdu, mais en même temps ils te rappellent ton ancien toi. La distance se crée. Et le vide se fait sentir. Tu veilles tard pour communiquer avec les 6 heures de décalage de l’autre côté de l’Atlantique.

Au fond tu sais qu’il faut que tu te réadaptes. Alors tu remontes la pente de cette « dépression de retour d’expatriation », tu acceptes un job pour rentrer dans le cadre.

A ce moment-là cela fait 3 ou 4 mois que tu es rentrée.

Retour en France retour au bureau

Ma vie en mode ancienne expat

Au travail

  • On te prend pour le dictionnaire ambulant
  • En France, on a créé des open space. Mais tu ne peux pas déjeuner à ton bureau
  • On préfère commencer tard pour finir tard car celui qui part en dernier c’est celui qui a le plus travailler
  • Certains on le droit de faire du home office mais il faut que le jour soit planifié (aux Etats-Unis c’est si tu es malade, s’il y a des intempéries, si c’est plus pratique à cause d’un rendez-vous… bah oui tu ne choisis pas spécialement le vendredi…)
  • Tu parles de Hump Day le mercredi, et signes tes mails Happy Friday le vendredi après avoir exprimé avec soulagement un TGIF
  • L’alternance basket/talons le matin et le soir quand tu arrives et repars du boulot, c’est validé !
  • Tu dis « Tu » très facilement à tous le monde (le « You » ne s’est pas dissocié en tu et vous)

Dans ma vie perso

  • On te demande pourquoi tu es rentrée, si tu as envie de repartir, pourquoi tu ne le fais pas (inutile de préciser que tu te poses toi aussi beaucoup de questions sur ton retour en France).
  • Ce qui se passe aux Etats-Unis te concerne, et oui tu as une meilleure vision que celle diffusée par les médias (tu sais que les Etats-Unis ne se résument pas aux grandes villes des côtes)
  • Cela ne te gêne pas de faire un minimun de 8h de voiture dans le weekend pour t’évader
  • Tu as la bougeotte
  • Tu rentres dans les boutiques de marques américaines, tu en sors en te disant qu’à ce prix là tu préfères acheter un billet pour les Etats-Unis et faire ton shopping là-bas

Cela va faire 1 an que tu es rentrée et tu te dis qu’il est grand temps de repartir…

Retour en France Envie d'évasion